"Je préfère un vélo à un cheval, les freins sont plus faciles à vérifier." (Lambert Jeffries)
Hier, le métro, aujourd’hui le vélo : let’s talk about bike ! Ou plutôt de Vélib’. Vous savez, le point fondamental de la stratégie de réélection de Bertrand Delanoë ! Cette idée n’est pas nouvelle, elle vient de la ville de Lyon, qui a mis en place il y a deux ans le Vélo’V. Le principe est simple : des vélos répartis en stations dans toute la ville sont « prêtés » pour ¼ d’heure ou pour toute la journée. Pour une somme modique, il est possible de faire voleter ses cheveux dans la brise légère de l’après-midi tout en pédalant allègrement dans les rues de Paris.
Le Vélib’ connaît un succès fou depuis sa mise en route cet été : il faut dire que le temps s’y prête, je ne sais pas si l’on sera aussi enthousiaste quand il fera -5°C ! Alors, pour pouvoir exposer mon point de vue sur tout et rien, j’ai aujourd’hui même testé LA tendance de la rentrée pour toi lecteur (et aussi parce que je vais m’en servir toute l’année et qu’il fallait bien que je sache comment ça marche, mais ça fait plus classe de dire que je l’ai fait pour mon lectorat, aussi nombreux soit-il – il faut dire que je reçois chaque jour des lettres de déclarations d’amour enflammées pour ma plume, que voulez-vous…).
Première impression : Vélib’, ça demande un QI d’au moins 150. Sinon c’est fichu : il faut se souvenir de son code secret de carte bleue, de son code secret pour son pass Vélib’, et même choisir l’emplacement de son vélo ! Bref, après quelques minutes d’énervement sur la pauvre petite machine et les doléances d’au moins trois personnes à côté de moi (et qui devaient sans doute penser que c’était moi qui savait tout : « J’arrive pas à enlever mon véloooooooooooo !! Ca veut pas partiiiiiiiiiiiiiir !! » - pourtant j’avais pas le dossard jaune poussin pétant des monsieurs du Vélib’), après tout ça donc, je parviens à trouver mon vélo dans la station du métro Sèvres Lecourbe et je l’enlève de la borne en tirant d’un petit coup sec vers l’arrière (hé oui, c’est comme ça que ça marche).
C’est donc parti pour une petite balade, sur les traces des couloirs de bus et autres pistes cyclables : le vélo n’est pas si lourd que ça, j’ai pu caser mon énooooooorme sac dans le panier devant en prenant bien soin de passer la lanière dans le guidon pour ne pas me le faire piquer, je pédale tranquillos, même si je met du temps à comprendre comment marchent les vitesses (je vous avais dit qu’il fallait un QI de 150 !). Après une pause pour discuter avec un British qui cherchait l’hôtel Ibis de la rue de Vaugirard (il a quand même fallu que je lui explique que cette rue était « the longest road in Paris ! » - un peu d’explication historique ne nuit point) et quelques descentes de mon vélo pour cause de camions (et je met un S : à cogiter !) garés en travers des contre-allées, je parviens à mon but au bout de même pas 10 minutes : la station du métro Saint-François Xavier. Je dépose mon compagnon de voyage, une petite larme à l’œil, j’attends le biiiiip qui dit que c’est bon, et je file au Stalag 14 retrouver mes compagnons de torture.
Quid de ce premier voyage avec Vélib’ : c’est quand même vachement sympa de se balader comme ça dans Paris. On se sent liiiibre, c’est génial !! Enfin, je pense que c’était aussi largement dû au beau temps, on verra ce que ça donnera quand il fera moche. Le vélo est très agréable, très simple d’utilisation (il suffit de pédaler :-) ...) même s’il faut quand même s’habituer à son ergonomie (la selle est un peu bizarre… peut-être ai-je des fesses d’extraterrestre ?). Il faut par contre penser à emmener de l’eau, parce qu’on a soif rapidement et ça donne chaud (c’est du sport tout de même !).
Le gros point noir, c’est la circulation des voitures : aucune indication pour savoir quand il faut s’arrêter, j’ai d’ailleurs failli me prendre un vélo ET une voiture simultanément, heureusement que j’ai de bons réflexes ! Quand il n’y a pas de piste cyclable ou de couloir de bus, il faut serrer très fort les fesses parce que les voitures vont vraiment vite dans les grands axes et ne font pas très attention aux vélos. Il faut aussi se garder de prendre une rue en sens interdit histoire de ne pas la faire dans toute sa longueur sur le trottoir avec le vélo à la main. Ca peut être très chiant (et c’est du vécu !). Une dernière chose : penser à localiser précisément la station où l’on veut aller, parce que c’est quand même bête d’errer tout le long du boulevard Saint-Germain avant de trouver une station (et risquer de payer plus, soi dit en passant) !
En gros, le Vélib’, c’est génial quand il y a une piste cyclable qui n’est pas obstruée par les camions ou un couloir de bus que l’on peut emprunter (parce que les chauffeurs du bus font attention, eux !). Mais jusqu’à ce que Paris se dote de réelles pistes qui soient bien reliées entre elles et couvrent une plus grande étendue, je ne risque pas de me balader à vélo dans la ville en dehors des sentiers balisés !