"On dessine pour se trouver et on rencontre les autres." (Louis Pons)

Publié le par Océanes

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         Tout le monde le sait, le blog, c’est in. Chacun peut déballer sa vie privée, ses photos de vacances, ses idées sur le monde qui va mal ou sur la défense des animaux : comme ça en un clic. Parce que les hébergeurs ont facilité la mise en place d’un site, avoir un blog est à portée de main de tous. Et ce moyen de communication est souvent un moyen de se faire connaître gratuitement du grand public, notamment pour les auteurs ou les dessinateurs.

         La troisième édition du Festiblog, le festival des blogs BD, s’est tenue à Paris ce week-end : c’était le moyen pour les admirateurs de la blogosphère de rencontrer « pour de vrai » les auteurs des posts qu’ils lisent chaque jour, mais aussi d’obtenir des dessins gratuits et des dédicaces. Mais qu’est-ce qui pousse ces (nombreux) jeunes dessinateurs à s’exposer sur la toile ?

         Apparemment, et comme pour tout blog quel que soit son sujet - ou son non-sujet plus généralement -, le premier moteur est le narcissisme. Entendu d’une manière positive bien sûr. La volonté est avant tout autobiographique comme on le voit dans les dessins qui reflètent généralement la vie quotidienne des blogueurs : c’est en effet ce qu’on connaît le mieux et, finalement, ceux que l’on peut le mieux partager avec des gens que l’on ne connaît pas. Et en général, ça fait bien rigoler, puisque les dessinateurs s’appuient le plus souvent sur la dérision.

         Mais le blog BD est aussi un moyen de se motiver pour dessiner tous les jours : avec la pression de l’attente des lecteurs (qui peut parfois être très forte, notamment dans le cas de blogs célèbres), le blogueur s’astreint à une certaine « productivité » qui lui permet de travailler réellement. Sur certains hébergeurs internet, la créativité est d’ailleurs rémunérée à partir d’un certain nombre de visites. De plus, la liberté est totale : pas de sujet, d’encadrement ou de composition spécifique à respecter, on peut tout faire comme on veut. Et ça, c’est une chose que l’on ne peut pas revendiquer dans le cadre d’un job classique.

         Enfin, le blog BD est surtout une méthode pour se faire connaître : aujourd’hui, il est quasi impossible de se faire un nom sans passer par la case Internet, à moins de grosses galères avant d’arriver à ses fins. Le lectorat est déjà là, on peut alors sortir des productions payantes sur papier qui se vendront beaucoup mieux que si l’on part de rien. Le système des commentaires permet même de se faire une idée sur l’attente du public, en faisant toutefois attention à ignorer les critiques inutiles qui sont désormais légions sur tous les blogs un tant soit peu connus (c’est la dure loi du "tout est accessible à tout le monde" : pas de sélection possible !).

         Tout va bien dans le meilleur des mondes me direz-vous. Mais il ne faut pour autant pas considérer le blog BD comme une finalité en soi : certains blogs sont peu évolués et ne constituent pas un travail réellement achevé. Ce qui risque d’entraîner le niveau d’illustration vers le bas, avec des exigences sur la forme qui sont moins élevées que pour un album papier. A chacun de se donner des exigences plus intenses ou de passer le plus rapidement possible au format papier, plus professionnel, tout en gardant le blog pour le côté vraiment ludique et journalier.

 

Edit : moi, mon coup de cœur des blogs BD, c’est Aki Elle est marrante et elle fait plein de bêtises en cours...

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