"Nous sommes tous des immigrés, il n’y a que le lieu de naissance qui change." (Anonyme)
L’immigration, un sujet également d’actualité, et ceci dans tous les pays développés, aux Etats-Unis comme en Europe. Il faut tout d’abord comprendre que l’émigration ne se fait pas pour le plaisir de voyager : ce déplacement est généralement dû à des conditions de vie particulièrement difficiles dans le pays d’origine (persécutions politiques ou religieuses, famine, pauvreté,…). L’exode en lui-même est fréquemment effectué dans des circonstances très dangereuses, puisqu’il est souvent clandestin et donc illégal. Arrivés dans le pays de destination, les immigrés doivent légaliser leur situation en acquérant des papiers officiels déterminant leur statut au sein de l’Etat. Et c’est alors que leur parcours du combattant commence, au moment où ils pensaient en avoir définitivement fini avec les problèmes…
Aujourd’hui, le ministre de l’Immigration, Brice Hortefeux, convoque les préfets « dont les résultats doivent être améliorés en terme de reconduite à la frontière ». Doux euphémisme pour dire, en gros, que certains ne font pas assez de chiffre d’immigrés expulsés : quel gouvernement peut ainsi considérer les vies d’humains à l’égal de nous tous comme des chiffres que l’on alignerait avec satisfaction dans un bilan ? Quel homme pourrait expulser n’importe quel immigré de son logis et de sa terre d’accueil, sans s’attacher aux conditions particulières qui l’ont amené là ? Que fait-on alors de l’idéal d’équité dans la justice française, qui exige l’adaptation de tout jugement aux circonstances spécifiques de la vie d’un être humain ?
En dehors des considérations pragmatiques opposées à la venue des immigrants en France, considérations qui sont par ailleurs majoritairement fondées sur des généralités fausses, il me paraît indigne de la part du pays se réclamant des Droits de l’Homme et des Lumières de refuser un accueil à un citoyen du monde. Les premiers Républicains n’avaient-ils pas donné la nationalité française à des étrangers qui se reconnaissaient simplement dans les symboles et les valeurs françaises ? C’est un fait historique à méditer et à transposer à notre époque : une autre solution pourrait être l’aide des pays développés aux pays de provenance des immigrants, dans le but de leur donner une réelle autonomie et la possibilité de ne pas être forcés à quitter leur pays natal, ce qui ne se fait jamais de joie de coeur...