"Il existe des guerres justes. Mais le propre des guerres justes est de ne pas demeurer longtemps." (Georges Henein)

Publié le par Océanes

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Streetwars ou la guerre des rues (mais en plus funky quand même) : c’est une immense bataille d’eau urbaine, importée des Etats-Unis. En même temps, il n’y avait qu’eux pour inventer ça, et quand on sait que le paintball est le troisième sport national au pays de l’Oncle Sam, ça fait réfléchir... Mais l’idée n’est apparemment pas si nouvelle que ça puisque le jeu se déroulait déjà dans certaines écoles d’ingénieur ou de commerce en France.

Pour participer, il suffit d’être majeur et de vivre dans la région parisienne. Vous recevez un SMS de l’un des organisateurs qui vous donne un lieu de rendez-vous pour y recevoir l’identité de votre cible et quelques indications pratiques. Le but de ce jeu de rôle modernisé et ancré dans la réalité ? « Tuer » votre cible à coups de bombe ou pistolet à eau (ou tout autre arme s’en approchant). Si vous réussissez votre première mission, vous avez une autre cible, et ainsi de suite. Sachant que vous-même êtes traqué par un assassin participant au jeu. De quoi donner quelques poussées d’adrénaline aux amateurs de sensations fortes…

Streetwars est un phénomène qui fait écho à la déferlante des films d’actions et d’espionnage dans les salles obscures : Mission Impossible, La Mémoire dans la peau et ses suites, Les Infiltrés, Raisons d’Etat, pour ne citer que les plus récents, qui sont généralement assez bien ficelés et attirent un grand public friand d’émotions extrêmes. Ce jeu intéresse même les grands médias, puisqu’un journaliste de Libération s’est inscrit au jeu pour en tester les sensations et raconter son expérience aux lecteurs. Alors, quelle nouveauté apporte-t-il ?

Tout d’abord, cette véritable chasse à l’homme suscite du changement dans le cadre de votre vie quotidienne : vous êtes traqués jusque chez vous et à votre travail, vous êtes suivi dans la rue, lorsque vous allez faire vos courses… Le jeu demande d’être constamment vigilant quant à votre entourage, quitte à devenir parfois complètement paranoïaque (et c’est là qu’on est soulagé de voir arriver la fin du jeu…). En somme, on se sent devenir unique, alors qu’on n’était avant qu’un anonyme parmi tant d’autres. Ou comment se glisser dans la peau de James Bond

Mais Streetwars, selon moi, apporte bien plus qu’une rupture avec la monotonie ou la sensation de faire des choses inédites. Ce jeu permet aussi de se prouver que l’on possède d’autres capacités que celles exercées dans le cadre du travail, de se dépasser pour construire une nouvelle image de soi, plus forte et plus indépendante, plus excitante et plus sexy. Tout le monde pouvant participer et les combats n’étant pas physiques à proprement parler, il n’est pas nécessaire d’avoir les muscles de Tom Cruise : de l’attention, de la discrétion et de l’agilité suffisent pour traquer sa cible et ne pas se faire avoir par son assassin, ce qui n’est pas forcément le plus facile. On rappellera quand même que, finalement, ce dont rêvent les véritables agents secrets… c’est d’une vie banale :-)

A ceux qui protestent contre Streetwars en lui associant violence urbaine et engouement pour les armes, en se référant aux catastrophes américaines de Columbine et autres Virginia Tech, on pourrait objecter que ce jeu « défoule » au contraire les adolescents impatients et frénétiques, et agit plutôt comme catharsis d’une violence refoulée qui risquerait d’éclater d’une manière plus dangereuse. Et la législation française concernant les armes n’est pas la même qu’outre-Atlantique. Alors, pourquoi ne pas se lancer dans l’aventure ?

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